Voilà c'est décidé, je m'y engage : ma zappette sera au repos pendant les
Jeux Olympiques de Pékin. Ce sera une action simple toute personnelle mais à laquelle je tiens. Je suis confondue par la lâcheté ambiante - Kouchner en tête - et et celle de tous les sportifs qui
se sont exprimés sur le sujet.
Car non, la démocratie ne peut, ne doit s'effacer devant le sport ! On me rétorquera que le "Sport" (ne surtout pas oublier la majuscule car mieux qu'une institution, c'est entrain de devenir une
nouvelle sorte d'idole païenne - le Sport, disais-je avant d'être grossièrement interrompue par moi-même, est au-dessus de la politique ! Sans blague ??? Et depuis quand ??? Le sport est avant
tout politique. S'il ne l'était pas, on supprimerait les minimas de qualification dans les disciplines sportives.
Or pour moi, dès qu'il y a classement, il y a politique. Serions nous tout à coup devenus amnésiques ??? Pas moi, en tout cas ! Curieux comme en 1980, on a accepté les boycott des Jeux par les
américains. Peu ont alors poussé des cris d'offraie comme aujourd'hui. C'est sûr... C'étaient les américains. Peu de levées de boucliers lorsque les soviétiques rendront la pareille en 1984.
Et puis au final, de quoi parle-t-on vraiment ? On est très loin aujourd'hui de l'esprit de Pierre de Coubertin dont la grande devise était "L'important est de participer". On s'est et on se
moque de cette phrase car elle a toujours était connotée de défaitisme mais moi, j'y vois pour ma part un sens nouveau : l'important est de participer avec honneur et pouvoir se regarder ensuite
dans la glace en se disant "je n'ai pas volé cette victoire". Combien de sportifs actuels ou passés peuvent le dire ? Je ne pense pas qu'il soient très nombreux.
Combien de vies prématurément brisées à cause du dopage ? Combien de "décès maquillés"v pour dissimuler à tout prix ce que l'on pressent depuis déjà un certain temps ; c'est que l'on a atteint
depuiis longtemps les limites humaines.
Seulement pourquoi sommes nous si peu à réagir : très simple : nous sommes dopés depuis de très longues années nous-mêmes. Dopés à la performance. Ils étaient fort peu en 80 à remettre en cause
les performances de Jermila Kratoschpilova. Les mêmes s'extasiaient sur la très belle et très dopée Katrin Krabbe qui était sensée représenter - avec cinquante ans de retard la supériorité de la
race aryenne sur les autres races.
Et nous - moi la première - avons tout avalé alors que la dame s'est tout de même faite pincée plusieurs fois avec les doigts dans le pot de confiture. L'affaire Krabbe aurait dû nous
rendre plus sage : que nenni ! Re belote avec Marion Jones, sans parler de Carl Lewis. Avec, dans le cas de Marion Jones, ce qui semble aujourd'hui très "tendance", la success story pour faire
pleurer dans les chaumières.
Mais ces gens-là : peuvent-ils honnêtement se regarder dans le miroir sans vomir ? Je vois bien, moi, l'un des petits enfants de Carl Lewis lui dire froidement : "ben toi grand-père, t'es qu'un
voleur !" Comment réagira-t-il ?
Et puis, ne nous leurons pas un seul instant : la compétition n'a plus rien de sportive : car au travers des athlètes, se sont les grands laboratoires pharmaceutiques qui vont s'affronter avec
pour rendre le cocktail un peu plus explosif "le savoir-faire" des anciens entraineurs de l'Est qui, eux, n'ont eu aucun problème de reconversion. La Chine s'est montrée très accueillante envers
eux ! Je prédis beaucoup de spectaculaires médailles chinoises...
Et oui, malheureusement, nous n'en avons malheureusement pas fini avec les histoires de prédominance d'une nation sur une autre... Et même si je n'étais pas née en 1933, j'ai aujourd'hui
l'opportunité - comme le fit jadis mon grand-père - de prendre position et j'en suis fière.
Tout comme je suis heureuse des difficultés rencontrées par la flamme lors de son passage à Londres et à Paris. Bravo Monsieur Robert Meynard. Car les autorités chinoises - il ne saurait être
question d'étendre cette généralité à tout un peuple - ont montré de par leur attitude qu'elles méprisaient l'esprit olympique. Ce sont elles, et elles seules, qui ont sali le symbole de la
flamme ET CERTAINEMENT PAS LES MANIFESTANTS comme je l'entends si crétinement dire !
Il vaudrait mieux, de toute façon, que le périple de la flamme s'arrête car elle ne pourra que salir durablement tous ceux qui l'ont tenue. Loin d'être la flamme de la Concorde, c'est hélas la
flamme de la Honte comme ces jeux seront - j'en ai bien peur - ceux de la Honte.
Et comme je me refuse à donner la moindre caution morale à cet évènement, vu mon dégoût du sport, j'irais prendre, peut-être, un peu d'exercice !
Sosophe
08/04/08
Par Sophie MALCOR
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